Le PopUp de La Fabulerie à Marseille :
une exposition interactive pour découvrir et imaginer autrement
Inventer une chimère, se transformer devant un miroir, écouter des récits au téléphone ou découvrir un appartement où des champignons poussent dans la douche… Le PopUp de La Fabulerie invite les enfants et les adultes à explorer le monde autrement.
Nous sommes allées le tester avec les filles, âgées de 3 et 5 ans. Certaines installations leur ont immédiatement parlé, tandis que d’autres demandent davantage d’attention pour comprendre les explications. Personnellement, je conseillerais surtout cette sortie à partir d’environ 7 ans pour approfondir les sujets, mais les plus jeunes peuvent aussi y trouver de belles découvertes.
J’avais envie de leur faire découvrir cette proposition parce qu’elle aborde des questions importantes : comment prendre soin du vivant, préserver les ressources et imaginer d’autres façons de vivre ?
Un parcours autour de six grands enjeux
Installé au tiers-lieu éducatif Les Temps de l’enfant, chez Canopé, le PopUp rassemble des expositions, des installations interactives et des ressources pédagogiques de La Fabulerie et de ses partenaires.
Six thématiques structurent la proposition : l’eau, le vivant, du jardin à l’assiette, le reflet numérique, la maison et les paysages. Le parcours utilise le jeu, la manipulation, les récits et la création pour susciter la curiosité et ouvrir des discussions sur les transformations écologiques et sociales.
Pendant notre visite, nous avons circulé librement entre les installations, en suivant ce qui attirait les filles. Une manière de découvrir à leur rythme, sans chercher à tout expliquer d’un seul coup.
Vivant.e.s ! : observer la biodiversité et inventer des créatures
Une partie du parcours reprend des dispositifs de Vivant.e.s !, une exposition conçue pour sensibiliser les enfants et les familles à la diversité du vivant. Ses objectifs associent découverte scientifique, curiosité, analyse, initiative et coopération.
Nous avons notamment découvert de petits nichoirs dans lesquels on approche les yeux pour observer des oiseaux animés, parfois bien différents de ceux que l’on croise habituellement.
La fabrique de chimères permet de créer une créature imaginaire : choisir son corps, ses ailes, ses antennes et ses pattes, puis lui attribuer des couleurs sur l’écran tactile. On assemble, on transforme et on regarde son animal extraordinaire prendre forme.
Pour prolonger en famille, la chimère offre un point de départ amusant : quels éléments viennent d’animaux réels ? À quoi peuvent servir des ailes, des antennes ou différentes formes de pattes ?
Créer son paysage et sa carte postale
Sur un autre écran tactile, les enfants peuvent sélectionner un décor et y placer des animaux pour composer leur propre paysage.
Avec les plus petites, on peut simplement nommer les animaux et raconter une histoire. Avec des enfants plus grands, cette création peut ouvrir une discussion sur les habitats : quels animaux vivent dans l’eau, dans les arbres ou sous terre ? De quoi ont-ils besoin pour vivre ?
Une borne permet également de fabriquer une carte personnalisée en intégrant son visage dans un modèle proposé, puis de l’imprimer. Le dossier de Vivant.e.s ! appelle ce dispositif le cartomaton. Une création numérique qui devient un souvenir à emporter.
Allô, à l’eau ?! : écouter ceux et celles qui vivent avec l’eau
L’un des dispositifs téléphoniques correspond à Allô, à l’eau ?!, une exposition sonore composée de récits réels et imaginaires.
En composant un numéro, on accède à des voix et à des histoires : scientifiques, artistes, habitant·es ou personnes dont les activités sont liées à l’eau. Des récits plus fantastiques donnent aussi la parole à des éléments comme une goutte d’eau ou une roche.
L’intention est de sensibiliser à la valeur de l’eau en faisant découvrir une diversité de relations à cette ressource.
Pour les filles, composer le numéro était déjà une expérience amusante. Elles n’ont pas eu la patience d’écouter longtemps, mais avec des enfants plus grands, on peut prendre le temps de choisir un récit puis d’en discuter ensemble.
Bouches-à-oreilles : qu’est-ce qui nous nourrit vraiment ?
Le second ensemble téléphonique, Bouches-à-oreilles, s’intéresse à l’alimentation, à nos besoins fondamentaux et aux liens qui nous unissent.
L’exposition associe une bande dessinée grand format, un répertoire et un téléphone permettant d’écouter des personnes-ressources. Les contenus abordent notamment des initiatives alimentaires, l’agroécologie et la sobriété, avec aussi des propositions poétiques autour du sol, de la ruche ou du levain.
Elle pose une question plus large : se nourrir, est-ce seulement manger ? Les histoires, les relations, les savoirs et les rencontres occupent aussi une place dans ce qui nous fait du bien.
En famille, cette proposition peut permettre de parler de l’origine des aliments, des personnes qui les produisent et de ce que représente un repas partagé.
L’Appart du Futur : explorer concrètement la vie low-tech
C’est l’une des parties que j’avais particulièrement envie de découvrir. L’Appart du Futur présente la démarche Biosphère Urbaine et invite à questionner nos habitudes autour de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et des déchets.
Dans l’expérimentation à l’origine du projet, plusieurs solutions ont été testées :
- Une douche par brumisation, pour utiliser moins d’eau.
- Des pleurotes cultivés dans la douche, qui profitent de l’humidité.
- Un élevage de grillons, expérimenté pour l’alimentation.
- Des toilettes vivantes, où des larves de mouche soldat noire transforment les matières organiques.
- La filtration et la réutilisation de l’eau de la douche dans un système de culture de plantes.
Sur place, nous avons observé les dispositifs, ouvert des tiroirs et découvert des façons de conserver certains aliments autrement qu’au réfrigérateur.
L’intérêt éducatif est de rendre visibles des questions très concrètes : où va l’eau après son utilisation ? Un déchet peut-il devenir une ressource ? Comment répondre à nos besoins en consommant moins ?
Pour moi, cette installation est particulièrement intéressante parce qu’elle donne matière à réfléchir à partir de gestes que les enfants connaissent déjà.
La Maison (re)connectée : réfléchir aux usages du numérique
Le PopUp présente également La Maison (re)connectée, une maquette interactive qui permet d’explorer des ressources numériques à partir des pièces et des objets d’une maison.
Les objets renvoient à des activités du quotidien et donnent accès à des ressources utiles : tutoriels, sites, adresses ou services.
Le dispositif défend un numérique qui aide à gagner en autonomie, reste accessible, protège la vie privée et tient compte de son empreinte environnementale.
Cette proposition s’adresse aussi aux adultes : elle invite à réfléchir aux outils que l’on utilise et à choisir ceux qui répondent réellement à nos besoins.
Un miroir pour se transformer et des jeux pour questionner les images
Pendant notre visite, un miroir permettait de se voir transformée en sorcière, reine ou princesse, avec des éléments visuels au rendu assez réaliste.
Les filles ont apprécié cette expérience immédiatement accessible. Avec les plus grands, elle peut aussi devenir une occasion de parler des images transformées : ce que l’on voit sur un écran correspond-il toujours à la réalité ?
À côté, deux écrans permettaient de s’asseoir pour tester son sens de l’observation. Sur l’un, il fallait repérer, parmi plusieurs images, celles qui avaient été générées par intelligence artificielle. Sur l’autre, on découvrait des photographies anciennes dans lesquelles il fallait retrouver des éléments qui n’avaient rien à faire à cette époque.
Les filles ont beaucoup aimé ces deux jeux : elles observaient les images, cherchaient les détails étranges et essayaient de trouver les réponses.
J’ai trouvé ces propositions particulièrement pertinentes pour apprendre à regarder attentivement et à remettre en question les images et les informations qui nous sont présentées. Une image peut paraître réaliste tout en étant fabriquée ou modifiée. Pour les enfants comme pour les adultes, c’est une belle manière d’exercer son esprit critique : prendre le temps d’observer, s’interroger sur l’origine et le contexte d’une image, et ne pas croire automatiquement tout ce que l’on voit.
Une borne pour comprendre ce qui se passe dans le corps
Une grande borne permettait également de découvrir comment le corps et le cerveau réagissent dans différentes situations. On pouvait sélectionner plusieurs thèmes grâce à des boutons, puis observer les explications visuelles.
On y retrouvait notamment la peur, mais aussi le sport et le sommeil. La proposition allait donc au-delà des émotions : elle permettait d’explorer ce qui se passe à l’intérieur de nous.
J’ai trouvé cette installation particulièrement intéressante et très visuelle. Une belle manière d’éveiller la curiosité des enfants sur le fonctionnement de leur corps, à partir de situations qu’ils connaissent au quotidien.
Notre avis : une initiative précieuse à découvrir en famille
Avec nos filles de 3 et 5 ans, nous avons surtout profité des installations visuelles, des créations et des manipulations. Elles ont notamment beaucoup aimé les jeux d’observation autour des images. Certains contenus demandent davantage d’attention : à partir d’environ 7 ans, selon moi, les enfants pourront approfondir les sujets et profiter plus pleinement des explications.
Je trouve encore assez rares les propositions de ce type qui rendent ces sujets accessibles aux enfants, notamment aux plus jeunes. C’est donc particulièrement appréciable de pouvoir découvrir un parcours qui aborde l’écologie, le vivant, la sobriété et l’esprit critique de manière concrète et ludique.
Ce sont des thématiques qui m’importent énormément et qui m’intéressent aussi en tant qu’adulte. J’avais envie de les faire découvrir aux filles, même si elles sont encore petites pour en comprendre tous les enjeux.
On salue cette initiative, qui mérite d’être mieux connue. Pour moi, ces sujets touchent directement à l’avenir de nos enfants. Donner envie d’observer, de questionner l’information, de prendre soin du vivant et d’imaginer d’autres façons de vivre, c’est leur ouvrir des pistes pour comprendre le monde dans lequel ils grandissent. Et c’est une bonne raison de se tourner vers des lieux et des propositions comme celle-ci.
Informations pratiques
Lieu : Les Temps de l’enfant, Atelier Canopé 13, 31 boulevard d’Athènes, 13001 Marseille.
Dates : du 21 septembre au 3 décembre 2026.
Jours annoncés : mardi, mercredi et jeudi ; choisir son créneau sur la billetterie.
Tarif : visite libre à prix libre, dès 0 €. Vous choisissez votre contribution au moment de réserver ; des montants de 5 €, 10 € ou 15 € sont proposés.
Âge : l’exposition Vivant.e.s !, dont plusieurs dispositifs sont présentés au PopUp, est conçue pour les 5–15 ans. Nous avons testé le parcours avec nos filles de 3 et 5 ans ; nous le conseillons plutôt dès 7 ans pour profiter pleinement des explications.
Réservation : consulter la billetterie actuelle du PopUp.




