L’Aérosol à Marseille avec des enfants :
notre avis sur ce nouveau lieu dédié au street art
Un immense bâtiment industriel, des murs couverts de couleurs, des dizaines d’artistes, des espaces où l’on peut dessiner, manger, observer ou simplement se poser… L’Aérosol a ouvert ses portes à Marseille en septembre 2026, dans l’ancienne Savonnerie La Tulipe, dans le 15e arrondissement.
Et même avec de jeunes enfants, la visite fonctionne vraiment bien.
Nous y sommes allés en famille avec nos filles de 3 et 5 ans et, plutôt que de chercher absolument une activité « pour enfants », nous avons simplement pris quelques feuilles et des feutres. Résultat : nous avons passé un long moment à dessiner au milieu des œuvres, chacun inspiré par les couleurs et les univers qui nous entouraient.
Une sortie assez différente de ce que l’on fait habituellement avec des petits à Marseille… et clairement l’une de nos belles découvertes de cette rentrée.
L’Aérosol Marseille, c’est quoi ?
L’Aérosol s’est installé dans l’ancienne Savonnerie La Tulipe, boulevard Romieu, dans le quartier des Crottes. Le projet est beaucoup plus vaste qu’une simple exposition temporaire : le lieu doit progressivement devenir un véritable pôle autour du graffiti, du street art et des cultures hip-hop.
La Savonnerie est composée de plusieurs grandes nefs. À terme, le projet prévoit notamment un musée consacré au hip-hop, des ateliers et espaces de création, une programmation culturelle et événementielle, ainsi que des espaces ouverts sur le quartier.
Pour cette première ouverture au public, plus de 1 500 m² de murs ont été confiés à une cinquantaine d’artistes dans le cadre de l’exposition “Ça déborde”, portée par Mister Freeze avec les artistes marseillais Nyota et Braga.
Et ça se ressent immédiatement : le lieu est immense. On passe d’une fresque monumentale à une autre avec des styles complètement différents, des personnages, des lettrages, des couleurs très vives mais aussi des univers beaucoup plus sombres ou graphiques. Pour des enfants, c’est presque une gigantesque galerie à explorer.
Une exposition particulièrement chouette à découvrir avec des enfants
C’est probablement ce qui m’a le plus surprise. Je savais que le lieu serait spectaculaire, mais je ne pensais pas que mes filles accrocheraient autant aux œuvres.
Il y a quelque chose de très accessible dans le street art avec des enfants : les formats sont grands, les couleurs attirent immédiatement le regard et il n’est absolument pas nécessaire de leur expliquer pendant dix minutes ce qu’ils sont censés observer. Elles regardaient un personnage, choisissaient une œuvre qu’elles préféraient, repéraient des couleurs ou des formes.
Comme nous avions pris quelques feuilles et des feutres, on s’est simplement installés au milieu de tout ça pour dessiner. Pas d’atelier organisé, pas de consigne particulière : juste les œuvres autour de nous comme source d’inspiration. Et c’était vraiment chouette.
Notre petit atelier improvisé au milieu des fresques
À 3 et 5 ans, mes filles sont encore un peu petites pour pratiquer longtemps avec une bombe aérosol. Elles ont déjà eu l’occasion de tester le graffiti lors d’ateliers auparavant, mais la manipulation n’est pas forcément évidente pour les tout-petits : il faut suffisamment de force dans les doigts pour appuyer sur le diffuseur et maintenir le geste.
Pour cette visite, nous avons donc fait beaucoup plus simple : une feuille, des feutres et toutes les fresques de L’Aérosol devant nous. Chacun a choisi ce qui l’inspirait et s’est mis à dessiner.
Et finalement, les enfants n’étaient pas les seules à se prendre au jeu. Papa et maman aussi. Nous avons tous les deux une fibre artistique que nous avons un peu laissée de côté avec les années, le travail et la vie quotidienne. Se retrouver simplement à dessiner tous les quatre au milieu d’un lieu pareil nous a fait un bien fou.
C’est aussi ce que j’aime dans ce type de sortie : les enfants ne sont pas seulement spectateurs d’un lieu culturel, ils peuvent immédiatement avoir envie de créer à leur tour.
Petit conseil donc : glissez un carnet ou quelques feuilles et des crayons dans votre sac avant d’y aller.
Des ateliers graffiti dès 6 ans avec 13ERS
L’Aérosol propose également des initiations au graffiti en partenariat avec 13ERS, une association marseillaise engagée dans la culture hip-hop.
Les ateliers permettent aux enfants de découvrir les bases du graffiti et de s’essayer à la bombe dans un cadre accompagné. Ils sont proposés dès 6 ans, ce qui correspond finalement assez bien à la difficulté du geste : pour utiliser une bombe, il faut réussir à maintenir le diffuseur enfoncé tout en contrôlant son mouvement.
Les enfants sont encadrés dans leur pratique et équipés pour manipuler les aérosols dans de bonnes conditions. L’idée n’est pas simplement de leur mettre une bombe entre les mains, mais bien de leur faire découvrir le geste, les codes du graffiti et l’expression artistique dans un cadre bienveillant.
Au moment de notre visite, le lieu était encore en train de se structurer et les équipes nous expliquaient que la programmation allait progressivement s’étoffer.
Les horaires actuellement annoncés pour les ateliers sont les suivants : samedi de 14 h à 18 h et dimanche de 11 h à 13 h puis de 15 h à 17 h.
Et pour les enfants plus jeunes, pas besoin de renoncer à la visite : notre option feuilles + feutres a très bien fonctionné.
Plus de 50 artistes et énormément de styles différents
L’exposition inaugurale a été imaginée avec Mister Freeze, Nyota et Braga, avec la volonté de mélanger artistes reconnus, nouvelles générations et talents locaux.
L’histoire artistique du site avait d’ailleurs commencé avant même son ouverture : différents graffeurs étaient déjà venus peindre les murs entourant la future Aérosol, parmi lesquels Resk, Cha, Lady K, Raphe, Sake, Crime, Joke, Tetal ou encore Eser.
Ce mélange est probablement l’une des forces du lieu. On ne se retrouve pas devant cinquante déclinaisons du même style : les enfants passent d’un univers figuratif à du lettrage, d’œuvres extrêmement colorées à des compositions beaucoup plus graphiques.
C’est aussi un bon prétexte pour échanger avec eux. On peut simplement leur demander quelle œuvre ils préfèrent, quelles couleurs ils repèrent ou ce qu’ils imaginent devant une fresque. Les réponses sont évidemment très différentes selon l’âge… et parfois bien plus intéressantes que celles des adultes.
Un lieu qui n’oublie pas l’histoire du graffiti marseillais
C’est aussi un aspect auquel j’avais envie de faire une petite place ici. Au milieu des œuvres, L’Aérosol rend également hommage à des graffeurs aujourd’hui disparus, notamment Abel.
Parce que derrière les grandes fresques très photogéniques et le développement actuel du street art, il existe aussi toute une histoire locale, faite d’artistes qui ont peint Marseille bien avant que le graffiti entre aussi largement dans les galeries et les lieux culturels.
Et j’aime assez l’idée qu’un lieu comme celui-ci puisse transmettre cette mémoire en même temps qu’il donne de nouveaux murs aux générations suivantes.
Un endroit où l’on peut aussi simplement prendre son temps
Autre gros avantage avec des enfants : on n’a pas l’impression de devoir suivre un parcours au pas de course.
Les espaces sont vastes et très aérés. Il y a une grande partie intérieure, mais également des espaces extérieurs où l’on peut faire une pause.
Lors de notre visite, plusieurs food trucks étaient présents, ce qui nous a permis de manger sur place avant de continuer tranquillement. Il y avait de quoi se poser, prendre son temps, regarder les enfants dessiner ou simplement profiter du lieu.
Et détail loin d’être anodin avec des petits : il y a des toilettes sur place.
Bref, on peut vraiment venir pour quelques heures, regarder les œuvres, dessiner, manger et se poser sans transformer la sortie culturelle en parcours militaire.
Des murs d’expression libre et du matériel sur place
L’autre particularité de L’Aérosol, c’est que le graffiti n’est pas uniquement quelque chose que l’on regarde.
Le projet comprend aussi des espaces permettant la pratique et l’expression libre, et du matériel lié au graffiti peut être acheté sur place.
Cela donne au lieu une ambiance assez différente d’un musée traditionnel. On sent que le site est pensé comme un espace vivant, amené à évoluer, à être repeint, transformé et réinvesti par les artistes au fil du temps.
L’Aérosol : un lieu encore en construction
Il faut aussi garder en tête que ce que l’on visite aujourd’hui n’est que le début du projet.
À terme, environ 5 500 m² doivent être ouverts au public et le lieu doit progressivement accueillir de nouvelles activités, ateliers et espaces consacrés au graffiti et au hip-hop.
L’Aérosol se présente d’ailleurs clairement comme un projet en évolution permanente. Il faudra donc probablement y retourner dans quelques mois pour découvrir le lieu sous une autre forme.
Et ça tombe bien : c’est exactement le genre d’endroit où les œuvres elles-mêmes donnent envie de revenir.
Infos pratiques pour visiter L’Aérosol à Marseille avec des enfants
L’Aérosol – La Tulipe
5 boulevard Romieu
13015 Marseille
Le lieu se trouve à quelques centaines de mètres du métro Bougainville.
L’ouverture est actuellement annoncée le week-end, avec des horaires de 10 h à minuit le samedi et de 10 h à 20 h le dimanche.
L’exposition inaugurale “Ça déborde” / Mister Freeze est visible jusqu’au 1er novembre 2026.
Pour l’exposition, une participation libre sur place est annoncée, avec également une entrée coupe-file proposée à 5 €. La réservation reste conseillée.
Selon la programmation, on peut aussi trouver sur place de quoi manger et boire. Des toilettes sont disponibles.
Pour les familles, le lieu se visite très bien avec de jeunes enfants. En revanche, pour les ateliers utilisant des aérosols, l’initiation proposée avec 13ERS est annoncée dès 6 ans.
Notre avis : est-ce que L’Aérosol vaut le coup avec des enfants ?
Oui, même avec des tout-petits.
Mais pas nécessairement parce qu’il faudrait absolument leur réserver un atelier. Ce que nous avons préféré, justement, c’est de pouvoir nous approprier le lieu librement.
Nous nous sommes installés avec nos feuilles et nos feutres, les filles ont regardé les fresques, choisi leurs préférées et dessiné. Nous aussi.
On a mangé sur place, on a pris notre temps et personne ne nous a donné l’impression que les enfants dérangeaient. Et surtout, ça a donné envie de créer à toute la famille.
Pour moi, c’est probablement le meilleur signe qu’une sortie artistique avec des enfants fonctionne.




