Bambins de Marseille

La première fois que j’ai voulu prendre le métro à Marseille
avec ma poussette, j'ai pleuré

La première fois que j’ai voulu prendre le métro avec ma poussette, c’était quelques jours après mon accouchement.

J’avais mon bébé.
Ma poussette.
Des affaires.
Un corps encore fatigué.
Une tête de jeune maman qui essayait juste de faire comme elle pouvait.

Et face à moi, il y avait Marseille.
Ses escaliers.
Ses portiques.
Ses stations pas pensées pour les parents avec un tout-petit.

Je me suis effondrée en larmes.

Pas parce que j’étais “fragile”.
Pas parce que je n’étais “pas débrouillarde”.
Pas parce que je voulais qu’on me déroule un tapis rouge.

J’étais juste une jeune maman avec un bébé, une poussette, des affaires… et devant moi, un trajet qui semblait soudain impossible.

Ce jour-là, j’ai compris quelque chose

Prendre le métro avec une poussette à Marseille, ce n’est pas juste “un peu galère”.

C’est parfois une vraie épreuve.

Il faut porter bébé.
Plier la poussette.
Gérer le sac.
Passer les portiques.
Descendre ou monter les escaliers.
Chercher un ascenseur.
Espérer qu’il existe.
Espérer qu’il fonctionne.
Espérer qu’on ne gêne pas.
Espérer qu’on y arrive.

Et quand on vient d’accoucher, quand on est seul·e, quand on a plusieurs enfants, quand on est fatigué·e, quand on n’a pas de voiture, quand on veut simplement se déplacer dans sa propre ville… ce n’est pas un détail.

C’est énorme.

C’est lourd.
C’est stressant.
C’est parfois dangereux.
Et surtout, ça donne l’impression qu’on n’a pas été prévu·e dans le décor.

En 5 ans, je n’ai plus jamais repris le métro avec une poussette

En cinq ans, je n’ai plus jamais repris le métro avec une poussette.

Pas parce que je n’en avais pas besoin.
Pas parce que je n’aime pas les transports en commun.
Pas parce que je préfère forcément prendre la voiture.

Mais parce que j’ai eu peur.

Peur de rester bloquée devant des marches.
Peur de devoir porter trop lourd.
Peur de tomber.
Peur de ne pas réussir à plier la poussette assez vite.
Peur de gêner.
Peur de revivre ce moment où je me suis sentie minuscule, avec mon bébé, face à un système qui ne semblait pas avoir pensé à nous.

Et je sais que je ne suis pas la seule.

Puis j’ai vu passer une pétition

Il y a quelques jours, une maman a partagé une pétition dans un groupe WhatsApp.

Son sujet : l’accès au métro marseillais pour les parents avec poussette.

Et forcément, ça m’a parlé tout de suite.

Parce que ce que j’ai vécu, beaucoup de parents à Marseille le vivent aussi. Les mamans, les papas, les grands-parents, les parents solos, les familles avec plusieurs enfants, les personnes qui n’ont pas d’autre choix que les transports.

La pétition rappelle notamment que le métro marseillais compte 29 stations, que moins d’une dizaine disposent aujourd’hui d’un ascenseur fonctionnel permettant d’accéder aux quais, et que le règlement impose malgré tout de plier la poussette dès le portique et de porter l’enfant jusqu’à la sortie du réseau.

Et là, on ne parle plus seulement de confort.

On parle d’accessibilité.
De sécurité.
De dignité.
De la place qu’on donne, ou pas, aux familles dans la ville.

Une poussette, ce n’est pas un caprice

Une poussette, quand on a un tout-petit, ce n’est pas un luxe.

C’est parfois ce qui permet de sortir.
D’aller à un rendez-vous médical.
De déposer un grand à l’école.
De faire des courses.
De prendre l’air.
De ne pas porter bébé pendant tout un trajet.
De continuer à vivre la ville, même avec un enfant dans les bras et la fatigue dans les jambes.

Alors quand le métro devient inaccessible aux poussettes, ce n’est pas juste une petite contrainte du quotidien.

C’est un message silencieux envoyé aux parents :
“Débrouillez-vous.”

Et beaucoup se débrouillent, oui.
Mais à quel prix ?

Je ne suis pas à l’origine de cette pétition

Je ne suis pas à l’origine de cette pétition.

Mais je la relaie parce qu’elle raconte quelque chose que j’ai vécu dans mon corps, dans mes larmes, dans ma peur.

Je la relaie pour toutes les fois où un parent a renoncé à sortir.

Pour toutes les fois où une maman en post-partum a porté trop lourd.

Pour toutes les fois où un papa a dû jongler entre bébé, poussette et sac à langer.

Pour toutes les fois où un parent solo s’est retrouvé bloqué devant un escalier.

Pour toutes les fois où on s’est dit :
“Bon… tant pis, je n’y vais pas.”

Et ce “tant pis”, quand il se répète, il finit par réduire la ville.

Il réduit les sorties.
Les rendez-vous.
Les possibilités.
La liberté de bouger avec son enfant

Marseille peut faire mieux

Marseille est une ville vivante, bruyante, belle, intense, pleine d’enfants, de familles, de poussettes, de grands-parents, de bébés qui dorment contre nous et de petits qui veulent découvrir le monde.

Mais pour que les familles puissent vraiment vivre la ville, il faut qu’elles puissent s’y déplacer.

Sans avoir à devenir des poulpes à huit bras.
Sans avoir à porter bébé, plier la poussette, tenir le sac, surveiller l’aîné et descendre des marches en même temps.
Sans avoir peur de rester coincées.

Un métro plus accessible pour les poussettes, c’est aussi un métro plus doux pour beaucoup d’autres personnes : les personnes âgées, les personnes avec des bagages, les femmes enceintes, les personnes à mobilité réduite, les enfants fatigués, les aidants.

Bref, une ville plus accessible, c’est une ville plus humaine.

Alors je partage

Je partage cette pétition pour toutes les familles qui se sont déjà senties bloquées dans le métro marseillais.

Pour celles qui ont pleuré devant un portique.
Pour celles qui ont fait demi-tour.
Pour celles qui ont porté trop lourd.
Pour celles qui n’osent même plus essayer.

Moi, en 5 ans, je n’ai plus jamais repris le métro avec une poussette.

Et je trouve ça fou.

Fou qu’une maman puisse en arriver là.
Fou qu’un transport public puisse sembler interdit sans vraiment le dire.
Fou qu’on doive encore expliquer qu’un bébé, une poussette et un parent fatigué méritent aussi une place dans la ville.

Alors si ce sujet te parle, tu peux signer et partager la pétition.

Pas parce qu’elle vient de moi.
Mais parce qu’elle parle de nous.

De nos trajets.
De nos enfants.
De nos poussettes.
De nos vies de parents dans Marseille.

Et peut-être qu’à force de signatures, de partages, de témoignages, de petites voix qui s’ajoutent les unes aux autres… on finira par faire assez de bruit pour que les choses bougent.

Parce que nos poussettes aussi ont le droit de circuler dans la ville. 💜

👉 Signer la pétition :

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